
Depuis une dizaine de jours, six jeunes compositeurs travaillent en marge du Festival à l’écriture d’une partition sur un extrait de film imposé.
Le chef d’orchestre de cette master-class SACEM : Jean-Claude Vannier, compositeur, auteur, interprète…
L’homme « de toutes les situations musicales », à qui l’on doit le mythique album « Histoire de Melody Nelson » de Serge Gainsbourg (Jean-Claude Vannier a été mis à l’honneur il y a peu à la Cité de la Musique à Paris dans le cadre de l’exposition consacrée à l’artiste) et des collaborations avec Johnny Hallyday, Jane Birkin, Barbara, Claude Nougaro, Michel Jonasz, Julien Clerc, etc. Un homme qui aime surprendre, prendre les habitudes à rebrousse-poil et qui cultive la discrétion… et la modestie : « Je pensais que la musique était trop compliquée pour moi, que je n’en étais pas digne. » La vie se chargera de lui prouver le contraire…
Comme pour confirmer le bien-fondé de son image, le registre cinématographique choisi par Jean-Claude Vannier pour ses élèves est déroutant.
Ces derniers, « hébergés » par le Conservatoire de musique d’Auxerre, ont planché sur un extrait des « Amants réguliers », film réalisé par Philippe Garrel sur fond d’événements de 68 et des amours libres, Lion d’argent au festival de Venise.
Pour quoi ce choix ? « Parce que je connais et que j’aime beaucoup Clotilde Hesme. » Certains s’inquiétaient pour Jean-Claude Vannier : dix jours loin de son quartier du Marais... Qu’ils se rassurent : « J’ai adoré ces dix journées. J’aime beaucoup ce festival, pour sa qualité et parce qu’on y est très bien reçus » apprécie le compositeur.
Il a profité de l’occasion pour assister à la conférence musicale samedi matin et retrouver « des copains » com
me Laurent Petitgirard et Gabriel Yared, et faire la connaissance de Patrick Doyle. Le résultat de la master-class SACEM a été dévoilé au public vendredi soir 14 novembre, avant le concert de Michael Nyman.
« J’ai essayé de les forcer à sortir d’eux-mêmes, à exploiter leurs défauts et surtout à être libres, raconte Jean-Claude Vannier. De les inciter à prendre le plus de risques possibles. »
Alexandre Saada, Benjamin de Roubaix, Charles Monnet, Clément Tery, Laetitia Pansanel-Garric et Virgile van Ginneken, après lui avoir rendu hommage — « non pas pour son talent, parce que comme il le dit on ne choisit pas d’en avoir, en revanche on peut choisir d’être quelqu’un de bien et c’est quelqu’un de formidable » a précisé Clément Tery —, ont chacun présenté leur partition, avec parfois une note d’anxiété !